Leïla Sebbar. Le Chinois vert d'Afrique,
Stock, 1985, Folies d'encre, Eden, 2002.
Il aime la guerre, l'opéra, le cinéma.
On l'a surnommé "Le Chinois vert d'Afrique" parce qu'il a les yeux bridés de sa grand-mère vietnamienne et les cheveux frisés de son grand-père algérien. Mohamed est né en France. On l'appelle aussi Momo, Mehmet, Hammidou, Hami, Madou... Il a douze ans. Il n'a jamais vu la mer. Il vit dans un cabanon des jardins communaux, près du cimetière français et des blocs de la cité. La banlieue est son pays natal.
Il a une photographie-fétiche de la guerre d'Algérie. Au hasard de ses errances, il rencontre un bouquiniste wagnérien, des libraires, Kader et Simone dans leur café-restaurant, des ouvriers et des musiciens immigrés, une ouvreuse de cinéma, des danseuses du ventre... Et Myra, "une croisée" de quinze ans dont le père est marocain. Ils échangent des messages écrits, enregistrés, photographiés... Ils ne se parleront jamais.
Des voisins se constituent en comité d'autodéfense contre ceux de la cité. Le cabanon de Mohamed sera vidé de ses trésors par la police.
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Le Chinois vert d'Afrique est un roman sur l'identité et la mémoire. C'est aussi le roman du métissage où se croisent des histoires d'amour et de guerre d'un continent à l'autre l'Europe, l'Afrique, l'Asie; d'un pays à l'autre: la France, l'Algérie, le Vietnam.
Mohamed, enfant sauvage des blocs et des métropoles modernes, vit ces croisements de civilisations, de langues et de noms avec plus d'intensité qu'un autre, de là son impertinence et sa grâce.